" Un Joyeux Anniversaire… cinquante ans.
Qu’écris-je, une très belle jeune femme de cinquante ans, souriante, lumineuse, tournée vers les autres, porteuse de valeurs de beauté, de travail, de partage… Cinquante ans, ne dit-on pas que c’est l’âge de la maturité. Je vous parle bien sûr de L’EIEA, Ecole Intercommunale d’Enseignement Artistique, que tout le monde connait dans le pays sous le vocable « Ecole de musique ». Comme une sorte d’institution en Pays de Forcalquier qu’entre autres choses on pourrait symboliser par des chiffres, qui rapidement deviennent des nombres, 550 élèves, 21 professeurs, 7 équivalents temps plein, 48 disciplines enseignées, plus de 1000 heures mensuelles d’occupation de la salle de danse salle de répétition des quatre orchestres, des concerts, des animations, des interventions scolaires… Tout cela sur tout le territoire Forcalquier Montagne de Lure
L'éclectisme musical affiché
Bref de la musique, toutes sortes de musique, de la danse, des danses, classique moderne flamenco, du théâtre, des arts plastiques, que du beau, du qui aide à devenir artiste, d’abord pour soi et surtout pour les autres.
Plus pleine qu’un œuf, un bâtiment, une école d’arts, association loi 1901 qui depuis cinquante ans fait travailler ensemble bénévoles et professionnels. Comme une espèce de grande famille avec les grands parents, les fondateurs, les Marie Line, Odette, puis une deuxième génération, on pourrait dire les parents, les Nathalie, Sophie, Jean-Pierre et aujourd’hui descendants de cette généalogie, les petits derniers, la Présidente Leslie et tous les adoptés les François, Emilie, Sylvie, Fabrice et tellement d’autres, cousins ou non qui pour un temps ou pour dix ans portent ou ont porté ensemble ce projet artistique dans notre beau Pays. Comme une grande et belle famille où certains sont nés il y a cinquante ans en même temps que naissait l’association. Ils y sont arrivés enfants, ont été convertis et comme en religion s’y sont investis, y ont grandi à la fois humainement mais surtout musicalement et cinquante ans plus tard, ils sont toujours là, qui est devenu directeur de l’école, qui comptable, qui professeure d’accordéon et leurs enfants sont là aussi qui poursuivent pour un temps cette généalogie avant de partir dire ailleurs qu’à Forcalquier, il existe un lieu et une âme qui s’est donné mission d’apporter à qui veut le recevoir le bonheur de la musique et des arts partagés.
Un enseignement fait de plaisir et de rigueur qui prépare, à qui le souhaite, à une carrière professionnelle ou tout simplement qui donne le plaisir de transformer son âme et son cœur en sons, en dessins, en gestes, en pas de danse, une école de concentration, d’ouverture, de relation aux autres, avec l’exigence d’un réel projet pédagogique porté par des enseignantes et enseignants formés et diplômés.
Formés et diplômés, elle est là l’exigence qui en fait une école reconnue par les pouvoirs publics, le Département, la Région, l’Etat, soutenue par les collectivités qui à travers des financements l’aident à vivre à un moment où la culture sert trop souvent de variable d’ajustement à des budgets compliqués.
De 250 à aujourd'hui 500 élèves !
Une Ecole qui bouge, se développe, passée en dix ans de 250 à plus de 500 élèves, se remet perpétuellement en question et prépare ses lendemains. La poursuite d’un partenariat avec les écoles, les Communes, les autres associations et surtout avec l’instance Communauté de Communes, instance à l’écoute, partenaire essentiel à son fonctionnement à travers un financement qui même s’il est insuffisant est d’une importance capitale. Mais elle n’est pas grande notre communauté de communes et nous savons bien que les budgets alloués correspondent à ses moyens. Il y a tant à faire dans notre ruralité. Pourtant elle a su accompagner et accompagne au mieux de ses moyens une croissance importante depuis ces dix dernières années et ce n’est pas terminé. En projet la réalisation d’un lieu artistique avec salles de travail, de réunions, auditorium qui pallierait le manque crucial actuel de places. Pensez que dès à présent, toutes les salles et horaires de l’école actuelle sont déjà remplis pour septembre prochain. Et bien sûr comment refuser un enfant qui se rêve musicien danseur ou comédien… Alors c’est tout cela qui a été hier fêté sur la place du Bourguet, ce sont ces cinquante années passées qui sont venues déposer leur savoir-faire au-devant d’un public attentif et conquis. Démonstrations et essais d’instruments, de pas de danse, de dessins, portraits, concerts de tous les ensembles, débutants, musiciens confirmés, musique actuelle, jazz, restitution du travail théâtral et bien sûr présence active des associés, le Chœur du pays de Forcalquier, le renouveau Campanaire et surtout notre cher Echo partenaire essentiel et privilégié. Une déambulation en vieille ville, un concert dans la Clastre Vieille, du soleil plus qu’il n’en fallait, et pour terminer la remise en présence de Gérard vasseur premier adjoint de la Ville de Forcalquier des diplômes aux élèves, diplômes officiels qui sanctifient les changements de niveaux et félicitations aux partants vers d’autres horizons musicaux ou chorégraphiques. Un regret peut être l’absence de délégués communautaires… Alors aujourd’hui chère Ecole de musique, permets-moi au nom de tous les habitants de notre territoire de te souhaiter un très joyeux anniversaire.
Des témoignages :
Sylvain. Président du Renouveau Campanaire C’est une chance pour nous carillonneurs de nous être ainsi installés à l’école de musique. Notre carillon d’études né de ce partenariat y est installé. Des jeunes élèves nous ont rejoint, plus qu’une collaboration, une sorte de symbiose.
Fabrice. Ce sont d’abord mes enfants qui se sont inscrits clarinettes, carillon, flute et violon, alors je les ai rejoints et je siège au Conseil d’administration.
Carine. Présidente de L’Echo Forcalquiéren. L’école, c’est un partenariat essentiel à notre activité. C’est un véritable vivier de jeunes musiciens qui nous apportent fraicheur et créativité ce qui depuis dix ans nous a permis de maintenir un nombre stable de musiciens et remplacer les sortants.
Sarah. Quand j’étais enfant à l’école primaire de St Etienne les orgues, un jour Marie Line Fassino est venue nous présenter l’accordéon. Aujourd’hui j’enseigne à l’école l’accordéon et le solfège.
Leslie. Moi je suis danseuse et Présidente de l’école, un projet qui me tient à cœur pour le territoire ; ce qui est chouette, c’est que l’on peut s’adresser à tous les publics. L’avenir, encore mieux… Notre territoire le mérite.
A Saint-Pancrace
Saint Pancrace. J’étais tranquille, j’étais peinard, à l’abri de ce que vos contemporains appellent canicule lorsque tout à coup, la porte s’est ouverte et sont entrées six personnes toutes de noir vêtues. Elles se sont installées, ont déplacées quelques chaises, ont sorties de grosses boites noires de très beaux objets plein de boutons et d’un seul coup ma chapelle s’est trouvée emplie de musique, une musique que tout seul avec mon épée au côté, j’ai ressenti dans tout mon petit corps torturé. Puis ça s’est arrêté, dommage me suis-je dit, cela faisait fondre en moi la glace dont on m’a affublé avec mes deux collègues Mamert et Servais. A peine allais-je retourner à la solitude qu’ils sont revenus et que ma chapelle s’est rapidement emplie, plus une place de libre, enfin presque, des hommes, des femmes, oserais-je le dire, tous d’une jeunesse un peu lointaine et soudain, le miracle s’est à nouveau accompli. Sous la direction d’une certaine Sarah, la musique est revenue, belle profonde, comme une caresse à votre serviteur qui s’est vu emporté dans des pays inconnus, avec des ruisseaux, des chants d’oiseaux, des brises qui devenaient tempêtes, tant et tant que des larmes ont perlé à mes yeux et roulé sur mes joues d’enfant. Les morceaux se sont enchaînés, tantôt lents, tantôt rapides, j’en entendu parler d’un certain Dowland, d’un Mozart, d’un Boccherini, des noms pour moi inconnus, moi qui vous ai quitté en l’an trois cent quatre de votre ère. Une heure trente de plaisir, d’émotions partagées juste interrompue par quelques paroles d’explications. Le nom de ce groupe : Gruppetto, ça doit vouloir dire groupe. Sa famille, l’école de musique et ce jour 21 juin, jour du solstice, le plus long de l’année, jour de fête que déjà dans mon enfance on célébrait, du moins me semble-t-il. Et puis après que tous aient longtemps tapé dans leurs mains, comme ils étaient venus, ils sont repartis me laissant tout seul à mes rêves et à ma solitude. Ce fut une bien belle fête du solstice. Après renseignements auprès de Patrick mon visiteur habituel, ils et elles avaient pour noms deux fois Catherine, Michael, Iris, Gaspard comme le roi mage et Sarah, accordéonistes et contrebassiste et m’étaient envoyés par l’Ecole d’Enseignement artistique. C’est sans doute une bien belle école pour faire de si belles choses et mêler avec tant de bonheur musique et patrimoine… et bien sûr vous revenez quand vous voulez…"
Merci Haute Provence Info pour ces beaux mots.... ceci est un remerciement qui fait du bien face à toute l'énergie que nous mettons tous dans cette école.
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